Aliose 2022 (@Niels Ackermann Lundi 13)  

Interview avec Aliose, bientôt en concert pour HES SUISSE

Le 19 septembre prochain, Aliose donnera en exclusivité un concert pour nos membres lors de la HES-Soirée. Ils se produiront en quartet avec deux alumni HES à la nouvelle halle des fêtes de la BernExpo. Dans cette interview, nous partons à la rencontre d’Alizé Oswald et Xavier Michel qui forment un couple sur scène et dans la vie. Ils nous livrent ici quelques secrets et partagent leur attachement avec le monde HES.

Comment votre duo s’est-il formé ?
Nous nous sommes rencontrés en 2004 dans des ateliers pour auteurs-compositeurs-interprètes à Nyon (les Ateliers du Funambule, qui n’existent plus aujourd’hui), et avons très vite eu envie de faire de la musique ensemble. C’est en 2009 que nous avons sorti notre premier album et qu’Aliose a concrètement vu le jour.

Et votre passion pour la musique, quand avez-vous su vouloir en faire un métier ?
Nous avons, l’un et l’autre, toujours baigné dans la musique. Alizé a toujours été attirée par la scène (plutôt le théâtre étant jeune), Xavier par les mots. Mais jamais nous n’aurions osé envisager en faire notre métier ! N’ayant pas de formation poussée dans un instrument particulier, cela nous paraissait improbable de réussir à vivre, en Suisse romande, de notre activité d’auteurs-compositeurs-interprètes (rien n’est prévu pour ça). Nous avons cependant beaucoup travaillé, en parallèle à des études universitaires dans d’autres domaines (histoire et littérature française pour Xavier, sociologie pour Alizé), et avons eu la petite étoile au-dessus de nos têtes qu’il fallait pour commencer à être diffusés en radio et programmés dans des salles. Ça a fait boule de neige, et en 2012, alors que nous commencions à gagner un peu notre vie avec la musique, nous avons monté une société (Sàrl) et décidé que ce serait un vrai métier. Nous nous sommes rendu compte ensuite que ce n’était pas un, mais vingt métiers qu’il fallait appréhender ! Mais nous avons développé nos activités depuis et vivons de musique et d’écriture depuis bientôt quinze ans maintenant.

Aliose cover album 2022 - Regarde ailleurs (@Biinìme)

 

D’où vous vient l’inspiration pour composer vos chansons ?
De moments de vie, des autres, de la nôtre, qui se mélangent et se confondent. Du monde qui nous entoure et de la société en général. Nous ne revendiquons pas être des artistes « engagés », mais nous mettons beaucoup d’engagement dans nos chansons, tâchons d’y mettre du sens, de traiter de vrais sujets avec un angle si possible original. Et surtout de faire correspondre le mieux possible la langue française avec nos mélodies.

Comment vit-on en tant qu’artiste les périodes intenses des tournées et les moments plus solitaires pour la composition ?
Nous avons une vie assez dingue, faite de “up and down” ! Des phases d’ultra-sociabilisation, d’autres de création, des phases d’émotions intenses, d’autres de relâchement. Ce qui fait que nous ne nous ennuyons jamais. Nous avons l’habitude de ce travail cyclique, comme un saisonnier. Un temps pour semer, un temps pour récolter. Et comme nous travaillons toujours à deux au minimum, nous ne sommes jamais vraiment totalement seuls. Mais nous avons définitivement besoin des deux : créer et partager.

Vous avez joué dans le plus grand festival open air de Suisse à Paléo, comment est cette expérience ?
Nous y avons joué à trois reprises (2011, 2016 et 2023), chaque fois sur une scène plus grande ! Le Paléo Festival a accompagné notre développement. Et la dernière fois était assez dingue puisque c’était une scène de 20'000 personnes et que le public était au rendez-vous. Aliose @ Paléo Festival 2023 After Movie

Le Paléo Festival a accompagné notre développement.

Comment évoluer en tant que chanteur de chansons françaises en Suisse avec ses spécificités linguistiques ?
C’est sûr que la Suisse romande est un tout petit marché, que l’industrie musicale y est très peu développée, et que peu de choses sont mises en place (structures, soutien, etc.) pour en faire un métier. Donc la France est évidemment un terrain important à conquérir, lorsque l’on chante en français. Notre terrain est la Francophonie, et elle est vaste ! Nous avons toujours fait de notre spécificité linguistique une force, c’est elle qui nous a menés en tournée aux quatre coins du monde. Même si la Suisse est toujours restée notre terrain de jeu préféré.

Quel est votre lien avec le milieu artistique de Suisse allemande ?
Il est malheureusement trop ténu ! En 2015, nous avons voulu nous investir davantage pour venir à la rencontre du public suisse-allemand, nous avions commencé à bâtir des partenariats, mais nous avons signé à la même époque avec trois très importants partenaires français (Warner Music France, Live Nation France et Universal Music Publishing). Nous nous sommes ainsi tournés vers la France. De manière générale, nous essayons de collaborer, quand nous le pouvons, avec des artistes suisse alémaniques (nous avons travaillé avec Jaël, Greis, Dabu Fantastic, entre autres), mais ce n’est pas évident, il y a peu de ponts entre les deux cultures. C’est incroyable de se dire que d’un côté et de l’autre – alors que nous vivons dans le même pays – il y a des artistes énormes dont on ne connaît pas même le nom de l’autre côté ! Nous sommes toutefois convaincus qu’il y aurait moyen d’augmenter nos passages Outre-Sarine, et de multiplier les collaborations. Nous en appelons de nos vœux. (A bon entendeur ! 😉)

Le réseau est à notre avis l’un des outils les plus utiles pour développer une carrière en musiques actuelles.

Vous êtes tous les deux enseignants à l’HEMU – Haute Ecole de Musique et formez des étudiant·es talentueux en musique. Qu’est-ce que la formation HES en musique leur apporte ?
Au-delà d’un apprentissage « théorique » et « pragmatique », les étudiant·es ont l’occasion de se confronter à de nombreux autres artistes et univers. Le « réseau » est à notre avis l’un des outils les plus utiles pour développer une carrière en musiques actuelles : les synergies qui naissent dans ce type de cadres sont essentielles. On pourrait se dire qu’un « papier » en musiques actuelles ne coule pas de source, mais s’il confronte l’étudiant·e à la réalité du terrain, alors ce dernier pourra en ressortir avec de bonnes armes en main.

Quel est selon vous le message le plus important à transmettre à vos étudiant·es ?
Cultiver la passion, mais ne pas sous-estimer la rigueur et le travail nécessaires pour vivre de musique en Suisse. Se diversifier aussi, et être très ouvert. Dans le cadre de notre cours, nous les accompagnons dans leur créativité, leur apportons des outils pour stimuler et améliorer leur rapport à la composition et à l’écriture. Nous sommes pour notre part en grande partie des autodidactes.

Quel lien entretenez-vous avec vos élèves devenu·es diplômé·es de l’HEMU ?
Nous restons disponibles ensuite, dans la mesure du possible, s’ils ont des questions liées au développement de leur carrière, ou pour créer des ponts avec d’autres artistes ou partenaires ; certains nous demandent parfois un avis sur des créations postérieures ; nous allons, quand nous le pouvons, les voir en concert. De manière générale, nous apprécions transmettre les compétences que nous avons accumulées sur le terrain durant près de 20 ans.

Racontez-nous comment la collaboration professionnelle avec les alumni de l’HEMU Arno Cuendet et Hugo Dordor, qui vous accompagneront sur scène à la HES-Soirée, a vu le jour ?
C’est un autre professeur de l’HEMU, Félix Bergeron – qui a été le batteur d’Aliose pendant longtemps – qui nous a recommandé Arno Cuendet alors que nous montions une nouvelle tournée. Nous cherchions un multi-instrumentiste capable de jouer guitare, basse et clavier, et touchant à la MAO. Félix l’avait repéré dans ses cours. Nous avons tout de suite été impressionnés par son professionnalisme. Pour nous, les critères principaux sont l’humanité et la fiabilité des musiciens, souvent même avant leur « niveau ». Lui-même nous a parlé ensuite d’Hugo lorsque nous envisagions la tournée suivante, et Félix a confirmé. Nous sommes très contents de leur offrir de belles scènes comme Véga à Paléo, et ils remplissent le contrat à chaque fois magnifiquement, ils sont très solides malgré leur (de moins en moins) jeune âge.


Concert d'Aliose

Une soirée exceptionnelle attend nos membres le 19 septembre prochain avec Aliose en concert! 

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