Cette rapide augmentation de la production solaire modifie profondément le fonctionnement de notre système électrique. Historiquement, l'électricité circulait à sens unique : des grandes centrales (nucléaire, hydraulique, industries) vers les foyers. Aujourd’hui, avec des milliers de petites installations solaires sur les toits, le flux devient bidirectionnel : l'énergie remonte des quartiers vers le réseau haute tension, créant parfois une production plus grande que les consommations. Vincent Rittener utilise une image parlante pour illustrer cette situation. «C'est comme si sur une autoroute, il y avait plus de voitures qui rentraient que celles qui sortaient : ça créé des congestions.» Le réseau doit donc évoluer et s’adapter pour absorber ces flux inverses, sans compromettre la stabilité. Ajoutez à cela le fait que l’énergie solaire est «capricieuse », car dépendante de la météo : beaucoup de productions les jours d’ensoleillement, mais une chute lorsque les nuages passent. À chaque seconde, le centre de conduite de Morge doit gérer ces déséquilibres pour maintenir la fréquence du réseau et éviter les coupures. Une gestion fine, condition sine qua non pour intégrer la production solaire décentralisée sans mettre en péril l’approvisionnement.